Blockchain: des applications pour l’industrie horlogère

2/4
blockchain et horlogerie

Le luxe en général et l’horlogerie en particulier n’a pas attendu pour se saisir du sujet de la blockchain au sens large. Certification, traçabilité, authentification, smart contracts, les applications ne manquent pas. Les groupes Kering, LVMH ou Richemont explorent les possibles, et parfois même au sein d’un même consortium ; une première pour cette industrie.

Ce qu’il faut retenir

  • Les coins font partie d’une seule blockchain et ont une valeur intrinsèque. Les tokens, eux, reposent sur différentes blockchains existantes et dépendent de la valeur du service ou du bien qu’ils représentent. Contrairement aux tokens « simples », les NFT ne sont ni interchangeables (sauf exception de remplacement ou d’échange à l’identique), ni divisibles.
  • La quantité d’information relayée par la presse grand public pourrait laisser à penser que bien des services sont concurrents, alors qu’ils sont souvent complémentaires.
  • Il reste encore des domaines à explorer pour l’industrie, tels que les réseau sociaux anonymes, les services clients après la vente, voire des éléments de fidélisation et d’engagement avec la marque.

Spécificités des coins, tokens et NFT

Les coins fonctionnent comme une monnaie sur une seule blockchain. Ils sont échangeables et transférables et possèdent une valeur propre sans être adossé à une monnaie physique. Les tokens eux, peuvent exister sur différentes blockchain et leur valeur est liée au bien ou au service qu’ils représentent. Kering a par exemple choisi la blockchain Bitcoin pour protéger ses certificats Ulysse Nardin. C’est d’ailleurs l’intérêt principal pour ces marques. Les tokens embarquent des données: vidéos, certificats d’authenticité, provenance des matériaux sont autant de d’informations qui peuvent y être attachés. Les NFT quant à eux sont des token, avec cette particularité de ne pas être fongibles. Un peu comme les Demoiselles d’Avignon, l’œuvre est unique : vous ne pourriez pas l’échanger contre le même. C’est ce principe qu’ont utilisé Biver, Ressence, Jacob & Co pour vendre l’unicité d’un bien digital habituellement copiable.

Les NFT et l’horlogerie

Si Jean Claude Biver a été le premier à mettre en vente le NFT d’un prototype de la Bigger Bang, d’autres marques l’ont suivi. Anicorn a vendu pour 19,75 ETH (plus de USD 52’000 à l’heure de cet article) une version de la NASA Space Watch dont la version physique ne sera jamais disponible aux yeux du grand public. Ressence ou encore Jacob&Co ont également suivi en vendant des montres virtuelles, parfois avec une présence uniquement digitale. Au-delà de la « hype » autour des NFT, il est intéressant de voir comment les horlogers s’approprient le sujet. Leur implication en « test and learn », tout comme les applications industrielles déjà déployées, présagent d’un phénomène pérenne.

Complémentarité des solutions dans l’horlogerie

La complexité de la technique rend parfois la lecture de l’information difficile. Il n’est pas rare de comparer des solutions qui sont en réalité complémentaires. Aura (LVMH, Richemont, Prada) servira plutôt à stocker des informations de traçabilité. Arianee (soutenu par des partenaires comme Richemont, Audemars Piguet, MB&F…) permettra, entre autres, de certifier les montres. Bien évidemment, ces solutions reposent avant tout sur les informations fournies par les marques elles-mêmes, et donc en provenance d’un système existant. C’est ce qui rend leur applicabilité immédiate. Origin (dont l’un des fondateurs est un ancien de HYT) propose une solution, là aussi complémentaire d’authentification. Dans ce cas, ce n’est pas l’usage de la blockchain qui est nouveau, mais le système de reconnaissance visuelle des montres pour en garantir leur authenticité. Pour autant, cette reconnaissance ne peut être fiable que si la marque a partagé avec l’application l’ensemble des données liées au produit.

Les solutions à explorer pour l’horlogerie

Si toutes ces solutions ont une belle visibilité publique, d’autres sont déjà utilisées par les groupes horlogers sans pour autant défrayer la chronique. C’est le cas des « smart contracts » dont certains services juridiques ou financiers font usage (programme qui exécute automatiquement des actions dans le cadre d’un accord). Les futurs applicatifs pourraient aussi prendre la forme d’un réseau social horloger totalement anonyme et limité aux possesseurs de montres. Un suivi après-vente spécifique au produit ; des plateformes de revente certifiées par les marques ; des outils d’engagement décorrélés des plateformes sociales traditionnelles et intemporelles… Tout un ensemble de services véritablement tournés vers le client et qui transmettent les valeurs de marque.

Write Comment...

Name

Email